| Sélection nationale |
Chaque
pays d'Europe possède sa scène musicale. Pour mieux découvrir ces artistes,
toutes les Fnac d'Europe ont élu la liste de leurs artistes favoris. On y retrouve
des stars venues d'autres pays, mais aussi de passionnants musiciens locaux
souvent méconnus en France, mais qui méritent largement le détour.
Véritable révélation de l'année, Benjamin Biolay s'inscrit parfaitement dans cette nouvelle chanson française qui sait naviguer entre audace et tradition. Ce collaborateur de Keren Ann, ou Hubert Mounier (l'Affaire Louis Trio), qui a aussi écrit pour l'album d'Henri Salvador, sort un premier disque étonnant : arrangements de cordes sublimes, mélodies simples révélant diverses influences (jazz, musique brésilienne, pop à la Scott Walker), et textes décalés, le tout baignant dans une ambiance largement acoustique, « Rose Kennedy » est le premier manifeste d'un nouvel auteur remarquable. |
Figure controversée du rap français, largement critiqué pour ses dérives vers la musique pop, Doc Gynéco propose un troisième album somptueux. « Quality Street » redonne ses lettres de noblesse au rap et à ses armes, les mots, en proposant des textes à haute teneur poétique garantie. Naviguant entre deux eaux, le Doc impose également un sérieux lifting groove à la chanson française. Cet album majeur devrait marquer son temps et faire exploser les frontières entre musique populaire et underground. Le rap du troisième millénaire est né, et son roi est Gynéco. Indispensable. |
Déjà présent sur « Acoustique », le réalisateur Mick Lanaro est une nouvelle fois de la fête, rejoint ici par Volodia, plus axé sur le travail des sons. Une alliance de compétence qui insuffle à ce septième album modernité et élégance. Mais « Entre nous » est surtout un opus où Liane Foly renoue avec un style qu'elle affectionnait lorsqu'elle chantait dans les bals : la chanson française dite populaire. Du coup, aux côtés de l'artiste, très investie dans l'écriture des titres, on retrouve Presgurvic (On a tous le droit), Fiori (Entre nous) ou encore Le Forestier (Toujours autant besoin d'amour). Comme l'interprétation est plus sensible et plus épurée que jamais, l'émotion paraît plus forte. Le jazz fait une jolie apparition sur La Chanson d'Hélène (en duo avec Hossein). Une reprise en forme de clin d'œil au disque précédent dont la formule avait offert à la chanteuse un second souffle. |
Chose rare en France, bien que très répandue dans les pays anglo-saxons, le succès de M tient autant à la qualité de ses chansons qu'à l'incroyable performance que représentent ses prestations scéniques. D'où l'intérêt d'un album Live, et un double encore, dans la grande tradition des disques enregistrés en public dans les années 70. Enregistré aux quatre coins de l'Hexagone, « Le tour de M » s'impose donc sans doute comme le meilleur album de Mathieu Chedid, qui exprime le meilleur de lui même en concert. Si l'aspect visuel délirant manque cruellement, les improvisations et la spontanéité, en revanche, sont miraculeuses. Avec un jeu de guitare spectaculaire et une bande de musiciens hors pair, M s'impose comme le plus grand showman français actuel. |
Faussement décontractées, les petites chansons de Mickey 3D ont de belles influences. Fruits d'un bel artisanat, elles se contentent d'une instrumentation fruste : des boites à rythmes basiques, quelques zébrures électroniques sur des danses de guitares acoustiques, des boucles de samplers sur des batteries balayées, des traces de claviers sur une nonchalance ensoleillée voisine des Négresses Vertes, un chant qui mélange la chaleur triste de Joe Dassin et un phrasé hip-hop tranquille. Minimalistes, imbibées d'un esprit lo-fi cousin des premiers Beck, elles chroniquent les petites trahisons de la société et le cynisme du politique d'un ton un peu désabusé. Douces-amères et légères en début d'album, les chansons de Mickey 3D s'assombrissent au fil des minutes et finissent par foutre la trouille dans deux ou trois colères subites qui sentent le soufre, des climats pluvieux et des textes de plus en plus acides. |
Née au Caire d'un père américain d'origine antillaise et chinoise (chanteur de rhythm'n'blues, pour couronner le tout) et d'une mère anglo-écossaise, Samaha, exilée à Marseille puis en région parisienne, vit depuis toujours sous le signe de la musique et des métissages. Et bien que ce première album soit avant tout de facture très pop-rock (appuyé par une grosse production américaine particulièrement soignée), ce mélange de racines semble toujours à fleur de peau. Superbe voix de soprano, textes pleins d'émotion, mélodies légères et aériennes (même lorsque le propos se fait grave)… la belle s'impose aujourd'hui comme une grande voix pop de l'Hexagone. |
Sur le thème de l'absence, Yann Tiersen, après avoir collaboré avec Françoiz Breut et les Têtes Raides sur leurs albums respectifs, a composé un album entier au long duquel, pour la première fois, les chansons l'emportent sur les pièces instrumentales minimalistes caractérisant ses travaux précédents (instruments pour enfants, etc.). Orchestré, riche et plus accessible, « L'Absente » est aussi l'occasion d'écouter avec une réelle jubilation les collaborations entre le Breton et quelques âmes sœur : Neil Hannon (Divine Comedy), Lisa Germano, Christian Quermalet (The Married Monk), Christine Ott, la comédienne Natacha Régnier, Dominique A., les Têtes Raides, un quatuor à cordes, etc. Au final, un album qui, certes, ne donne toujours pas dans la gaudriole, mais qui se montre plus abouti et plus accessible que tout ce qu'a pu faire Tiersen jusqu'ici. |