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Et si après
tout l'amour restait le ressort romanesque par excellence ? Alice
Ferney en fait la brillante démonstration dans son quatrième roman.
Fnac.net :
La Conversation amoureuse surprend d'emblée par un ton, une
forme et un sujet qui semblent résolument classiques.
Alice Ferney : Je ne lis moi-même que des romans classiques et surtout
des romans d'amour comme Le Lys dans la vallée, Le Rouge
et le Noir... Mais ce qui est tout de même assez moderne dans
La Conversation amoureuse, c'est son côté théâtral. Je voulais
écrire un beau roman d'amour, montrer qu’on peut tomber amoureux et
que ce sentiment peut être très agréable. Je prends le contre-pied
par rapport aux livres d'aujourd'hui. Pour moi, le romanesque repose
sur la psychologie et je trouve dommage de ne pas explorer les possibilités
d’introspection que permet ce genre littéraire. D’autant plus que
lorsqu’on est pris dans des sentiments complexes, ce qu'on dit est
souvent très différent de ce que l’on a sur le cœur. On est constamment
rempli de doutes et confronté à l'altérité.
Il est frappant
de constater à quel point vos livres sont différents les uns des autres.
Rien de commun ici par exemple avec Grâce et dénuement, votre
précédent roman.
J'écoute les leçons des grands. Dans Lettrines, Julien Gracq
souligne à quel point le choix du sujet est fondamental. Puisque le
sujet est nouveau, le livre est nouveau, même si j'ai toujours mes
obsessions, la féminité, la différence des sexes, la maternité qui
apparaît moins dans ce livre-ci mais qui a tenu un rôle important
dans mes précédents.
La forme romanesque
que vous employez est assez proche du théâtre.
Je vais beaucoup au théâtre. Il y a un côté proclamation du texte
qui est extraordinaire. J'adore Ionesco. Le Maître de Santiago
de Montherlant m’a donné envie d'écrire. J'ai aussi pensé à La
Musica de Marguerite Duras : s'approcher d'un moment avec une
parfaite justesse de ton. En fait, j'essaie d'écrire sur la vie. Pour
moi l'écriture romanesque est une voie de recherche. Se mettre devant
une feuille pour raconter des histoires est une sorte de maïeutique.
Les gens entrent dans une réflexion et se posent des questions comme :
Qu'est-ce que ça veut dire aimer quelqu'un Est-on jamais certain
d’aimer ?
Interview publiée
sur fnac.net le 19/07/2000.
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