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Née en Iran en 1969, Marjane Satrapi vit aujourd’hui à Paris, où elle se partage entre la bande dessinée et le dessin pour enfants. Portrait d’une miraculée de la BD qui ne s’attendait pas à raconter un jour sa vie en cases et en bulles. Marjane Satrapi
est une pionnière. Et Persepolis, son autobiographie, un petit
événement : il s’agit tout simplement de la première bande dessinée
iranienne de l’histoire. Mais le livre n’aurait sans doute jamais
vu le jour si David B. – auteur de L’Ascension du haut mal,
l’un des chefs-d’œuvre de l’autobiographie en bande dessinée – ne
l’avait encouragée à coucher ses souvenirs sur sa planche à dessin.
Car l’idée d’utiliser la BD n’avait même pas effleuré Marjane. Pas
par mépris du genre, non. Mais tout simplement parce qu’en Iran, son
pays d’origine, cela n’existe pas. « Nous avons de très bons
poètes, d’excellents écrivains et cinéastes, des caricaturistes et
des dessinateurs de presse. Mais pas de bande dessinée »,
dit-elle. En plus de ça, à son arrivée en France, en 1994, elle se
voyait plutôt graphiste. Son rêve, c’était de marcher sur les traces
de Milton Glaser, fameux tritureur d’images des années 70. Seul inconvénient
: aujourd’hui, le graphisme se pratique derrière un écran d’ordinateur.
« Et je ne suis pas du tout attirée par les technologies modernes… »,
reconnaît Marjane. Pas grave : du coup, elle s’est tournée vers l’illustration
de livres pour enfants. Et en lisant les albums de Joann Sfar, Christophe
Blain, David B. ou Emmanuel Guibert, sa bande de copains de l’atelier
des Vosges, elle a fini par se dire que la BD, après tout, ne sert
pas qu’à ressasser les mêmes sempiternelles histoires de héros inoxydables… |
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