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Un roman ciselé
sur une famille qui se confronte au passé.
Fnac.Net :
Le héros de votre livre veut rencontrer la famille de son compagnon.
Est-ce pour mieux le connaître ou parce qu’il a envie d’être intégré
comme un couple hétéro ?
Mathieu Riboulet : C’est pour les deux raisons, mais surtout pour
mieux connaître son compagnon. Il a besoin de resituer les gens qu’il
aime dans leur contexte familial et biographique ; et, assez secondairement,
pour se présenter comme un couple classique. Il craint des résistances
à l’égard du couple mais il sent que les enjeux de son intégration
sont ailleurs.
Le narrateur
est un personnage extérieur qui se retrouve très vite confronté à
des secrets de famille, c’est une histoire vécue ?
C’est totalement imaginaire. Ce qui m’intéressait dans cette relation,
c’était de montrer comment on peut être utilisé à des fins secondaires
sans qu’on en soit le décideur. Mais il ne cherche pas à se dérober,
cette histoire lui réserve des surprises.
Vous décrivez
très en détail la vie dans le Limousin, à la campagne, croyez-vous
que le lieu de notre naissance forge à ce point nos personnalités ?
Oui, je le pense. Je n’en fais pas une généralité ou une loi, mais
nous n’avons pas les mêmes façons d’envisager le réel si nous sommes
nés dans la Massif central, à Paris ou en baie de Somme. Il y a une
interaction entre les lieux où on vit et les lieux d’où l’on vient,
si l’on y a gardé des attaches bien sûr, ou si l’on s’y sent des attaches.
Croyez-vous
qu’il existe une littérature gay, en tant que genre littéraire, comme
on parle de polar ou de livres de femmes ?
Non, je crois qu’il existe une littérature tout court. De tous temps,
la littérature s’est occupée de tout. Il n’y a pas de raison pour
que la littérature ne reflète pas l’évolution de la société, mais
je ne pense pas qu’il existe une littérature gay spécifique.
Dans l’histoire
d’amour du livre, le désir n’est qu’effleuré, c’est une volonté de
trancher avec les romans qui mettent le sexe au cœur du sujet ?
Non, ce n’est pas une réaction à ce qui se fait. Là, dans ma vie et
dans mon travail, je pense que la question est plus centrale, plus
présente si elle est traitée par des ellipses. Dans mon livre, il
y a peu de gestes, mais suffisamment d’éléments qui permettent de
penser que le sexe n’est pas absent.
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