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Philippe Jaenada est l'auteur de La Grande à bouche molle, un polar décapant qui a comme originalité de mettre en scène l’écrivain en personne sous les traits d’un détective pas vraiment surdoué. Entraîné dans une course-poursuite délirante pour mettre au jour un trafic international de cerveaux, il se montre complètement dépassé par les événements. Pour notre plus grand bonheur de lecteur prêt à pleurer (de rire) sur les malheurs d’autrui. Le romancier
a de multiples identités et certaines sont plutôt cocasses. En 1986,
il était animateur sur le Minitel rose et usait des pseudos les plus
divers déclinés au féminin pour séduire ces messieurs, de Claire à
Sophie en passant par Véronique. De cette expérience, il tire un constat
positif et amusé : « Je me suis rendu compte du pouvoir
des phrases. » Certes. Mais quid de l’écriture elle-même, ce pourquoi le garçon nous intéresse et mérite notre respect ? Chez Philippe Jaenada, elle est plutôt tendue et efficace, crée des brèches entre l'imaginaire et la réalité sur un mode toujours jubilatoire. Et l’auteur adore jouer de cette ambiguïté fondamentale qui façonne son style. « Ça permet de créer des fausses pistes. Ça m'amuse plutôt que les gens fassent leur enquête et ne sachent pas, finalement, où ils en sont » Ne pas savoir où on en est, pour le lecteur, il est vrai que c’est plutôt bien. Pour éprouver un malin plaisir à se laisser mener par le bout du nez à travers les Etats-Unis par la plume de l’écrivain, un peu à la manière d’un héros de Richard Brautigan. Voilà. Contre
l’esprit de sérieux, un bon conseil : suivre notre détective privé
dans ses tribulations américaines. Non pas celles d’un Chinois en
Chine mais bien celles d’un Frenchie en Amérique. |
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