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Comédien, animateur
de radio, chanteur à ses heures, grand fanatique de blues. Bohringer
aime la pluie et les recoins les plus sombres des lieux et des consciences.
Signes particuliers : une voix rocailleuse et émouvante, des
traits abîmés par la vie, et un charme indéniable. Il a fait ses premiers
pas d'écrivain au théâtre. Mais ce sont ses deux romans, C'est
beau une ville la nuit et Le Bord intime des rivières,
qui lui ont valu le plus grand succès. Fiction ou autobiographie ?
Il dépeint mieux que personne les écorchés vifs, les ratés, avec un
goût du morbide qui confine à la poésie. Il raconte à la première
personne leurs fuites dans l'alcool, leur soif d'aimer, leur impuissance
et les grosses conneries qu'ils regrettent plus tard : leur premier
flirt avec l'héro, l'amour qu'ils n'ont pas su dire ou donner, les
amis qu'ils n'ont pas pu sauver.
Avec Richard Bohringer, les gouttières et les clébards parlent, les
prostituées rayonnent comme des madones, et la sciure du bar prend
des lueurs poétiques. Plus « syncope » que « syntaxe »,
sa plume lyrique plonge, par saccades, au fond de la détresse la plus
basse des hommes, celle dont ils remontent les plus beaux.
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