|
Yvan Alagbé raconte le quotidien, ses misères et ses injustices, à travers des bandes dessinées exigeantes et très personnelles. Portrait d’un auteur-éditeur résolument différent. Yvan Alagbé préfère
la création au discours sur la création. Il ne se demande pas si ses
histoires en bandes dessinées, exigeantes et ambitieuses, peuvent
changer le cours du monde. Il fait ce qu’un raconteur d’histoires
doit faire : il travaille. Il avance. Pour le reste, l’avenir décidera.
La matière de ses récits, il va la puiser autour de lui. Autour de
nous : il se sert du quotidien, de ses petites misères et de ses grandes
injustices, pour dire la vie comme elle va. Souvent plutôt mal, d’ailleurs.
Mais c’est comme ça. Alors, pourquoi ne pas parler de l’inconfort
de l’existence plutôt que de chercher à le fuir ? Ses récits
en images traitent de l’oppression, de l’immigration, du mal-être.
Mais aussi du désir d’amour qui ne s’avoue jamais vaincu. Alagbé est
né en France, en 1971, de père béninois et de mère française. Un jour,
il se dit qu’il est possible de faire « autre chose » dans
la bande dessinée. Mais qu’il n’est pas possible de le faire chez
les éditeurs existants. Alors, avec Olivier Marboeuf, il crée en 1994
les éditions Amok et la revue Le Cheval sans tête. Amok publie
des récits en images, de la littérature, de la bande dessinée, des
travaux graphiques. Autant de moyens d’expression pour raconter la
réalité. Autant de formes d’engagement dans les grands débats qui
traversent la société. Quand il parle, Yvan Alagbé ne hausse jamais
le ton. Ce n’est pas nécessaire : après tout, les livres qu’il
édite et les histoires qu’il écrit sont là pour faire entendre la
voix de sa différence. |
![]() |
|
![]() |
| Inscrivez vous a la Lettre d'information |